05 août 2010

Marche aussi avec les orteils

Long time no see. "Ce sont les honnêtes filles qui tiennent un journal. Les autres n'ont pas le temps."   (Tallulah Bankhead - une actrice, je crois). Enfin, c'est fini, fini... En guise d'apéritif et de remise en train, je propose un petit exercice de prestidigitation mathématique, qui ravivera vos souvenirs émouvants des années d'école primaire, qui vous plongera malgré vous dans des mimiques ridicules, et qui vous permettra de subjuguer les enfants de moins de huit ans, ébahis non plus de votre mémoire... [Lire la suite]
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07 juin 2010

La beauté facile et c'est heureux

Dans une introduction à des poèmes de Paul Eluard,  je me souviens que le préfacier relevait la fréquente occurrence, jugée caractéristique, de l'adjectif "facile" dans les vers d'Eluard, poète de l'amour, poète de la phrase fluide d'évidence. Je n'ai pas d'exemple en tête, hors ce : "J'ai la beauté facile et c'est heureux". Cela m'est revenu, dans la réflexion de ces derniers jours - car même ébloui, j'ausculte, je dissèque, j'analyse, essayant de mieux comprendre la saveur inconnue de sa compagnie. J'en... [Lire la suite]
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26 mai 2010

Blanchette

De ce qu'était notre village à l’entre-deux guerres, il faut se représenter un petit groupe de maisons serrées sur la rive gauche d’une rivière - celle-ci serpentant ensuite jusqu’à la grande ville proche, qui n’avait pas encore dévoré tous les hectares de cultures et de friches qui nous en séparaient. Les bâtisses étroites, aux murs blanchis à la chaux, aux toits de tuile écrasés par le soleil, longeaient le cours d’eau et de là, reculaient, escaladaient la butte, entouraient la vieille église romane d’un réseau de ruelles... [Lire la suite]
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13 mai 2010

Frankenstein a mal dormi

Trois heures du matin, et d'un sursaut je m'éveille, bondissant hors du lit, glacé d'angoisse: bon sang, il y avait une erreur dans mon document qui m'a échappé, et trop tard, je l'ai envoyé, mais quelle andouille, quel crétin! Incompréhensible mécanique. Ce devait être aujourd'hui férié, aucune raison donc de cogiter, j'étais parti pour rêver béatement:  idylle, pastorale, lupanar ou pour un grand coma blanc. Et, en tâche de fond, sans que je le lui ai demandé, mon cerveau à mon insu retournait les actions du jour passé,... [Lire la suite]
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11 mai 2010

Rêve de Babel

A l’échelle de la planète, le temps ne se divise plus seulement en différents fuseaux horaires, mais aussi en différents calendriers. Dans tous les pays, nous sommes le 11 Mai ; mais ce jour correspond pour tel pays à un mardi, pour tel autre à un jeudi, pour un troisième à un dimanche. Les samedis et dimanches étant rigoureusement, fanatiquement, des jours de congés, tout s'arrête ces jours-là : travail, machines, loisirs, vie. Chaque jour, sur le globe, les habitants de pays entiers entrent en léthargie, dans une éphémère... [Lire la suite]
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10 mai 2010

Belle van Zuylen

Isabelle de Charrière, ou de son nom de jeune fille Belle van Zuylen (nom idéal pour variété de pomme de terre), femme de lettres suisse de la fin du XVIIIe assez méconnue de nos jours, a laissé dans l'histoire de la littérature une énigme: ses romans épistolaires, que je ne lirai sans doute jamais, n'ont pas de fin et restent sans conclusion. Sa correspondance avec le jeune Benjamin Constant ne manque pas d'intérêt. Significatif est le style heurté, elliptique, d'anecdotes qu'on ne conte pas et qui se comprennent à demi-mot, d'un... [Lire la suite]
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03 mai 2010

Bad joke

Sa volubilité et son allant confiant la lançaient dans des tirades, que son excellente maîtrise du français n'empêchait pas de dériver, et naissaient alors à mon muet ravissement, des petits miracles d'expression: par des menus escamotages de syllabes, des mots inappropriés ou étrangement placés, par son accent onctueux, estompant quelques consonnes rugueuses. Je ne me lassais du sortilège. Des petits riens, des sentences empreintes d'une poésie involontaire, suaves et poignantes, m'entrant au cœur comme en du beurre. Mais à quoi... [Lire la suite]
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30 avril 2010

Amourette

Soufflé de pissenlit et mâchouillage de brôme ne sont pour moi que pis-aller; ne compte que l'amourette.Jamais d'autre comme elle. Son nom, tard appris, fut une révélation: "amourette", d'autres auraient donc partagé ma prédilection pour elle? Jusqu'à sa petite taille est un charme. Il faut se baisser un peu: l'amourette se mérite.On agrippe à la base de la panicule les fines tigelettes dressées et tremblotantes. La paume, tournée vers le ciel et se levant lentement, laisse glisser les tiges de l'inflorescence entre majeur... [Lire la suite]
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29 avril 2010

Copie blanche

Je rends presque toujours copie blanche. Je n'ai jamais su raconter d'histoires, seulement en griffonner pour d'autres, en passant, en diagonale, d'une main brouillonne. La seule histoire que j'écris et réécris, je la porte en moi, mais sa signification m'est obscure. Je ne puis la raconter qu'en fermant les yeux. Si je m'y plonge au hasard, c'est toujours la dernière ligne que j'écris, sans rien y comprendre. Il me faut alors repartir, plonger à la pêche aux images, barboter entre châteaux et saisons… C'est une histoire longue... [Lire la suite]
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27 avril 2010

Particularité

Les seuls mammifères d'Europe à posséder des oreilles poilues sont, outre le lynx, l'écureuil. Et mon voisin de bureau.
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