30 avril 2010

Amourette

briza3Soufflé de pissenlit et mâchouillage de brôme ne sont pour moi que pis-aller; ne compte que l'amourette.
Jamais d'autre comme elle. Son nom, tard appris, fut une révélation: "amourette", d'autres auraient donc partagé ma prédilection pour elle?

Jusqu'à sa petite taille est un charme. Il faut se baisser un peu: l'amourette se mérite.
On agrippe à la base de la panicule les fines tigelettes dressées et tremblotantes. La paume, tournée vers le ciel et se levant lentement, laisse glisser les tiges de l'inflorescence entre majeur et annulaire à peine écartés. Se détachent alors doucement, avec de minuscules déclics convaincants, les épillets orbiculaires, venant rouler pour se poser entre deux rides, au creux de la main; petits pois minuscules qu'une torsion de poignet dispersera bientôt à la ronde. Le tout machinalement opéré compose en définitive un des gestes les plus satisfaisants pour la main qui soient. Fruits d'une longue évolution, de toute évidence nous nous sommes d'ancêtre à ancêtre dotés de doigts à cette seule fin. Leurs fantômes jubilent et se congratulent dans la pelouse, tandis que, d'herbe en herbe que je dépouille sans y penser, je rêve aux anges. Mignonne, allons cueillir l'amourette.

Posté par orteilpied à 23:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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